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Négociez simplement vos frais bancaires en 7 étapes

Négociez simplement vos frais bancaires en 7 étapes

Un homme ou une femme en costard, c'est toujours un peu intimidant non ?

Surtout quand il s'agit de votre banquier. On se sent toujours un peu déstabilisé quand on passe les portes de sa banque. Qu'est-ce qui va encore me tomber dessus ? Est-ce que je vais encore avoir des frais supplémentaires ? Le banquier a-t-il vu que j'ai été à découvert pendant deux jours ?

Alors forcément, vous ne vous sentez pas forcément apte à entamer les négociations pour demander à payer moins cher pour forfait bancaire.

Et je vous comprends !

Seulement, négocier ses frais bancaires n'est aucunement impossible, j'en suis la preuve. Il n'y a ni peur ni honte à avoir.

Non, je n'ai pas fait neuf ans d'études pour apprendre l'art de la négociation, je ne suis pas non plus Superman, ni même un ancien banquier qui connait toutes les failles du système.

Je suis un simple particulier, qui en avait marre de se faire prélever des sommes astronomiques (tout est relatif !) pour des frais bancaires. Après tout, les banques font déjà tourner notre argent, non ? Elles en ont certainement bien moins besoin que moi !

Alors j'ai décidé de tester différentes méthodes pour parvenir à mes fins : payer le moins cher possible et négocier à peu près tout ce qu'il est possible de négocier.

C'est bien simple : je suis client d'une grande banque fondée en 1818 dont je tairais le nom, et pour laquelle je dispose d'un forfait mensuel de 9,85 €. Oui, 10 € par mois. C'est peu et à la fois beaucoup.

En négociant, je suis finalement arrivé à ne payer que 20 centimes chaque mois. Mais pour parvenir à cela, la démarche fut longue, parsemée d'embuches et de négociations.

Avouez que cela vous tente, hein ?

Vous n'avez pas envie de passer par là ? Je vous comprends, c'est pourquoi je vais vous délivrer directement mes conseils pour attaquer la négociation avec votre banquier.

Qu'il s'agisse d'une carte bancaire, d'un forfait ou de tout autre produit bancaire : tout peut être discuté ! Que vous soyez un particulier ou un professionnel.

Elle est pas belle la vitre ?

💡 Petit conseil : venez avec un petit carnet pour prendre des notes !

Les objectifs

Avant même de prendre rendez-vous, commencez par vous fixer des objectifs. C'est très simple : que souhaitez-vous obtenir ?

Mon astuce, c'est de vous fixer au moins trois objectifs, du plus simple au plus complexe.

On aime tous les challenges. Pas vrai ?

Par exemple, dans mon cas, je m'étais fixé les suivants :
- 1 : obtenir 40% de remise sur mon forfait
- 2 : obtenir 60% de remise sur mon forfait
- 3 : obtenir 80% de remise sur mon forfait

Le premier objectif, je l'ai accompli sans trop de difficulté. Idem pour le second. Cela a été plus difficile pour le troisième, c'est vrai.

Si vous avez des aggios, ces fameux frais en cas de dépassement du seuil autorisé, sachez qu'il est aussi possible de les négocier !

Mais c'est motivant.

Cela vous donne en prime une attitude positive. Tout comme la motivation, c'est un aspect important qui vous met dans la bonne optique !

Le rendez-vous

Pour commencer, je vous recommande de prendre rendez-vous avec votre banquier, plutôt que de vous déplacer directement en agence et croiser les doigts pour que quelqu'un accepte de vous prendre.

L'astuce, c'est de choisir à la fois le bon jour et la bonne heure.

Par expérience, évitez le lundi matin, c'est un jour que personne n'aime. De toutes manières, de nombreuses banques sont fermées le lundi.

Privilégiez le mercredi ou le jeudi, plutôt dans la matinée, mais pas trop tôt non plus ! Il faut que votre banquier soit bien réveillé et pas encore appâté par le repas du midi. 10 heures, c'est idéal.

Maintenant que le rendez-vous est fixé, vous n'avez plus qu'à préparer vos arguments.

Contrairement à vous, le banquier démarre avec un sérieux atout : il sera dans son élément, la banque. Vous jouerez donc à l'extérieur, ce qui peut être déstabilisant. Mais pas impossible pour autant.

Cela tombe bien, nous allons les revoir ensemble, pas à pas.

Un argument préparé = une chance de négocier supplémentaire.

Go !

Étape 1 : ponctualité et amabilité

Tout d'abord, pour bien négocier, il faut bien écouter.

Laissez votre banquier parler. Pour négocier, il faut avoir toutes les cartes en main, toutes les réponses à vos questions.

Voyez ce qu'il vous propose, acquiessez et ayez l'air toujours sûr(e) de vous.

Il n'y a pas de questions bêtes, creusez au besoin.

Si un point vous surprend, mettez-le dans un coin de votre tête, ou notez-le sur votre petit carnet (la seconde option est préférable).

Notez ce qui vous plait d'un côté et ce qui vous déplait de l'autre. Le serial négociateur qui sommeille en vous saura les réutiliser à bon escient.

Votre mission : récolter les attentes de votre banquier, ses besoins mais aussi ses faiblesses. Identifier les points qui vous permettront de mener à bien votre négoce.

Ayez en tête que vous avez chacun des intérêts à défendre. Pour vous, ce sont vos finances. Pour le banquier, c'est l'argent de son établissement, ou plutôt les marges.

Étape 2 : poser des questions

Pour négocier, il faut montrer son intérêt pour le sujet. Même si vous n'êtes pas passionné(e) par l'automobile, il faut vous y intéresser un minimum si vous souhaitez gratter une remise sur votre berline.

Il en est pareil pour la banque.

Il y a peut-être des points que vous n'avez pas compris où pour lesquels vous avez besoin d'éclaircissements.

- "Pourquoi me conseillez-vous le forfait A plutôt que le B ?"
- "Y a-t-il une durée minimale d'engagement ?"
- "Si ma situation change, comment cela se passera-t-il ?"
- "Y a-t-il des frais de souscription ?"

C'est le moment pour vous de poser vos différentes questions.

Le but, dans le fond, c'est de mettre en confiance votre interlocuteur avant d'attaquer la phase pure et dure de la négociation.

Tentez d'instaurer un dialogue, un échange, il faut que lui et vous, soyez parfaitement à l'aise. Si vous vous mettez dans une posture de dominé, vous n'obtiendrez rien. Mais ne dominez pas non plus !

Soyez égal à égal.

Étape 3 : l'amorce

À un moment donné, votre banquier abordera l'aspect pécunier. C'est un point important et c'est là que vous entrerez en jeu.

Tout d'abord, ne coupez pas la parole à votre interlocuteur, laissez-le finir de parler. Observer un temps de silence est un atout dans la négociation.

Une fois l'annonce faîte du tarif, acquiescez de la tête mais ne laissez transparaître aucune émotion.

Il faut savoir que la première offre que formulera votre banquier n'est jamais la meilleure ! Il s'agit même souvent du tarif le plus haut, qui lui assure une marge maximale.

Prenons un exemple concret : votre banquier vous annonce un forfait à 10 € par mois. C'est à quelques centimes près ce qui m'avait été formulé il y a quelques mois.

Comment réagir maintenant que vous avez un tarif ? Doit-on dire non et demander une contre-offre ? Faut-il accepter ce tarif ?

Stop !

Allons-y par étape.

Vous allez commencer par remercier votre interlocuteur pour son offre.

Étape 4 : la reformulation

Cette étape ci est l'ultime avant la négociation. Elle est obligatoire car elle permet de resituer la situation.

Comment reformuler ?

C'est simple.

Je vais vous faire un exemple et vous comprendrez.

"Donc si je comprends bien, pour un forfait incluant une carte bancaire, un chéquier et un accès aux services en ligne, je vais devoir débourser 10 € chaque mois".

À ce moment-là, votre banquier va acquiescer. Si ce n'est pas le cas, c'est que vous avez certainement mélangé un point où que votre interlocuteur n'a pas été assez explicite. Parfois, c'est les eux !

Étape 5 : la négociation

5-1 : la franchise

Votre banquier ne vous impose pas son prix, il vous le propose. Vous pouvez donc donner votre avis dessus.

Là, vous n'aurez qu'à relever un point négatif lié au forfait où à la prestation présenté par votre banquier. Votre petit carnet vous sera d'une aide précieuse.

"Pour être tout à fait franc, je m'attendais à un tarif un peu moins élevé, car si je comprends bien, je ne pourrais pas utiliser ma carte bancaire à l'international".

Il y a de bonnes chances que votre banquier se trouve dans une situation délicate. Pour autant, il y a aussi de bonnes chances qu'il contre-argumente.


5-2 : la fidélité

Précisez à votre banquier que votre famille est à la même banque/que vous êtes à cette même banque depuis quatre ans/que vous avez invité des amis à rejoindre cette banque ou autre.

Vous devrez lui montrer votre attachement à cet établissement, afin de lui montrer que votre but n'est pas juste de gratter quelques euros (même si c'est votre souhait !), mais bien un rapport de collaborateur.

Ainsi, vous ne passerez pas pour le radin de service et vous pourrez continuer les négociations pour payer moins cher.


5-3 : comparez

Parlez de la concurrence. Vous avez certainement des amis ou de la famille qui paie moins cher ses frais bancaires que vous tout en ayant les mêmes prestations.

Expliquez cela à votre banquier, demandez-lui pourquoi vous devriez vous acquitter de 10 € par mois quand votre belle-sœur Véronique n'en paie que la moitié ?

Tout en négociant, observez la gestuelle de votre banquier. Semble-t-il à l'aise, ouvert, sensible à vos arguments. Se gratte-t-il quelque part, ce qui signifierait qu'il est dérangé et donc plus enclin à vous accorder une potentielle ristourne ?

Ce n'est pas très simple à décoder, je vous rassure.

Par exemple, les bras croisés ne sont pas forcément mauvais signe. Si ses mains sont à l'intérieur, alors c'est pas bon. Mais si elles sont à l'extérieur, tout va bien !


5-4 : vos projets

De nos jours, la banque est un domaine extrêmement ouvert.

Peut-être même que l'assureur de votre voiture est aussi votre banquier ? Et qu'il en est de même pour votre logement...

Il est même possible que vous ayez votre forfait téléphonique directement dans votre agence bancaire.

Si c'est le cas, vous pouvez sortir la classique phrase : "Sachant que j'ai déjà un forfait téléphone chez vous, est-ce que vous pourriez me faire une meilleure offre ?"

Si ce n'est pas le cas, appâtez votre banquier ! Demandez-lui quelle remise complémentaire vous pourriez obtenir si vous envisagiez d'assurer votre voiture chez lui par exemple.


5-5 : gagnant-gagnant

Les banquiers, comme pas mal de professionnels, commerciaux et vendeurs, touchent une prime sur les contrats.

Vous pouvez donc être gagnant-gagnant : vous, vous aurez une remise supplémentaire et le banquier, lui, touchera un contrat supplémentaire.

Évoquez ensemble les différentes possibilités afin que lui comme vous, soyez satisfait :

"Mon but, c'est que nous trouvions un arrangement qui nous convienne à tous les deux, dans l'intérêt de votre établissement, certes, mais aussi dans le mien".

 


Vous avez des aggios ?
Ça peut s'arranger !

Étape 6 : s'imposer

Pour négocier, il est important de prendre les choses en main.

Mais n'hésitez pas à laisser des moments de silence si nécessaire, le but n'est pas de faire du matraquage façon Carglass !

En revanche, une fois vos arguments exposés, récapitulez très simplement la situation, expliquez ce qui vous bloque (le prix).

Et surtout, montrez que vous êtes une personne arrangeante et reconnaissante... Mais que le tarif demandé est quand même trop cher !

"Je comprends tout à fait vos arguments, mais je dois être franc avec vous : je n'avais pas prévu de dépenser 10 € par mois pour mes frais bancaires..."

Enrichissez avec des arguments complémentaires tels que :
- "Surtout que je ne suis jamais à découvert"
- "Que j'ai déjà un forfait téléphonique chez vous"
- "Je n'ai jamais posé de soucis"
- "Cela fait déjà 8 ans que mes comptes sont dans votre établissement"

Mais cela ne marche pas toujours, vous pouvez donc - si nécessaire - mettre un coup de pression.

Par exemple : "Je suis bien conscient de votre effort de passer mon effort à 9,99 € par mois au lieu de 10 €, mais c'est encore au delà de ce que j'avais prévu. Je ne pourrai donc pas accepter cette offre".

N'oubliez jamais : votre banquier a toujours une bonne marge de manœuvre. Vous n'allez pas le mettre à la rue en tentant de lui soutirer 2 € par mois !

💡 L'ambiance devient tendue ? Un trait d'humour permet souvent de détendre l'atmosphère.

Étape 7 : l'acceptation (ou non) de l'offre

Je n'ai pas réussi... Que faire ?

Bien sûr, vous pouvez tomber sur un banquier coriace et ne pas parvenir à arriver à vos fins.

Dans ce cas de figure désagréable, il y a ceux qui vont se résigner à payer plein pot, et les autres.

Pour ma part, je vous conseille de mettre fin poliment au rendez-vous, en remerciant votre interlocuteur et en l'invitant à vous recontacter s'il a une bonne nouvelle à vous annoncer :

"Je vous remercie pour votre offre, mais je n'accepte pas ce tarif. Je vais donc aller voir ailleurs si je peux obtenir un meilleur tarif. Si par la suite, vous seriez en mesure de me faire une meilleure offre, vous avez mon numéro".

Par expérience, j'ai souvent été rappelé assez vite par le banquier. Les négociations étaient même plus simples au second rendez-vous.

Pas de panique donc si vous êtes face à un mur !


Vous avez une offre intéressante !

Alors bravo, vous avez réussi à les négociations !

Cependant, une bataille est gagnée mais pas encore la guerre. La dernière étape, c'est la signature du contrat.

Et là encore, j'ai déjà été confronté à un cas de figure pas très sympa : le contrat que j'ai signé était d'un montant un peu plus élevé que celui annoncé par mon interlocuteur.

Je vous invite donc à ne signer aucun document avant de l'avoir lu ! Le contrat fait 6 pages ? Alors demandez à le lire tranquillement chez vous puis de l'apporter signé le lendemain. Effet garanti !

Les erreurs à ne (surtout) pas faire

Être trop gourmand

Votre banquier vous tend la main, ne lui arrachez pas le bras au passage.

Demander trop risque de mener à néant toutes vos négociations.

Ne pas être sûr(e) de soi

Si vous paraissez excessivement timide, que vous hésitez, que vous avez constamment l'impression de déranger le banquier, alors il vous faudra inspirer un bon coup avant.

Je sais : c'est plus simple à dire qu'à faire !

Mais pourquoi ne pas essayer des exercices de détente avant le rendez-vous chez le banquier ?

Ne pas écouter

Au début, entendre le banquier avait un effet somnifère sur moi. Puis le temps passant, j'ai appris à l'écouter.

L'écouter, c'est l'opportunité de déclencher différents leviers pour les négociations après.

Sans écoute, il n'y a pas de négociation.

Avoir peur du blanc

N'ayez pas peur de laisser un blanc !

Cela permet un temps de réflexion des deux côtés, c'est aussi un moyen de pression supplémentaire que vous pouvez exercer (mais avec modération !) sur le banquier.

Accepter le package

À défaut de répondre positivement à votre négociation, votre banquier va peut-être vous proposer une alternative : un package, qui comprend toute une panoplie de service dont vous n'aurez certainement pas besoin.

Non, ne cédez pas, même si l'offre vous paraît avantageuse, gardez en tête votre demande initiale.

Le mot de la fin

Tout peut se négocier, à condition de sortir les bons arguments, c'est l'idée à retenir de cet article.

Nous l'avons vu, il existe une multitude de techniques et astuces diverses.

Chaque situation est unique, chaque banquier est unique, chaque client est unique, vous devrez donc vous adapter à la situation.

Mais si je peux vous donner de derniers conseils, c'est ceux-là :

- Fixez-vous des objectifs initiaux et veillez à les tenir, cela vous donnera une ligne directrice pour vos négociations
- N'ayez pas peur de laisser des blancs par moment, mais sans exagérer !
- Pensez à vos intérêts, ainsi qu'à ceux de la banque (ou du moins faîtes semblant de vous y intéresser)
- N'ayez pas peur, ni honte de demander une remise

Bonne négociation et à très bientôt

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